Le jour J du crash environnemental
La violence de la crise financière et l’ampleur de la crise économique ont favorisé une réponse politique massive, mondiale, immédiate et surtout relativement coordonnée. Ce cataclysme a permis de nouveaux modes de concertations relatives à l’urgence des réponses à apporter. Cette crise a aussi favorisé une remise en cause et une réflexion globale sur le « système ». Il y a rarement de mutations sans crise, dit-on.Parallèlement, la crise et l’urgence environnementale ne bénéficie pas d’un tel traitement. La raison est simple : l’évolution de cette crise est plus lente, ses effets sont progressifs. Au quotidien, nous ne ressentons pas ou peu les conséquences du réchauffement climatique, de l’érosion de la biodiversité, de la rareté des ressources. Les conséquences économiques et sociales sont de ce fait plus diffuses.
Pourtant les faits sont sensibles et les tendances décryptées : la société chinoise disposant d’un même taux d’équipement automobile que les pays de l’OCDE monopoliserait l’intégralité des ressources pétrolières, le réchauffement climatique et la montée des océans pousseront des centaines de millions de personnes à la migration, le tarissement des fleuves de l’Indus menacera la santé de 2 milliards d’individus, les conséquences de l’érosion de la biodiversité sont à ce jour encore inconnues, etc. Tous ces indicateurs sont entendus par la communauté internationale, le constat est globalement partagé mais ils ne sont pas intégrés dans les modèles de développement et de coopérations proposés. En d’autres termes, nous entendons mais nous « n’imprimons pas ».
Il y a eu le jour J de la crise financière (faillite de Lehman Brothers), il n’y aura probablement pas de jour J du crash environnemental. C’est un processus lent et régulier, empêchant ainsi le même type de réponses internationales que la crise actuelle. Le crash environnemental est pourtant tout aussi réel que la faillite d’un système économique et financier et ses conséquences sont bien plus considérables puisqu’elles induisent un caractère fondamentalement irréversible.
Il faut donc répéter sans cesse et inlassablement ces réalités pour qu’elles entrent enfin dans notre matrice de pensée, pour faire comprendre que la crise environnementale est bien plus fondamentale que la crise économique et financière, puisqu’elles remettent directement en cause la paix et l’harmonie entre les peuples. "Le niveau de vie de certains est dès maintenant inséparable de l’inégalité, c’est-à-dire de la misère d’autres », André Lebeau.
Alexis du Fontenioux http://valinkeo.hautetfort.com/