Responsabilité environnementale : la France de nouveau condamnée par la Cour de justice européenne

Publié le par checks and balances



Par arrêt du 11 décembre 2008, la Cour de Justice des communautés européennes a condamné la France pour retard de transposition de la directive sur la responsabilité environnementale.

Pour répondre à l'impératif d'une meilleure mise en œuvre du principe de prévention, l'Union européenne a établi, par la directive 2004/35/CE du 21 avril 2004, un cadre commun de responsabilité aux Etats-membres en vue de prévenir et de réparer les dommages causés aux animaux, aux plantes, aux habitats naturels et aux ressources en eau, ainsi que les dommages affectant les sols. Les Etats membres devaient transposer cette directive avant le 30 avril 2007.

Malgré tous les efforts déployés par FNE et les associations environnementales pour alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de transposer ce texte, c'est avec plus d'un an de retard, que la France a publié la loi n°2008-757 du 1er août 2008 « relative à la responsabilité environnementale et à diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de l'environnement ».

Ce texte adopté dans la précipitation et transposant a minima la directive n'a pas suffit au gouvernement français pour échapper à cette condamnation de la juridiction européenne qui a relevé dans sa décision qu' « en ne prenant pas, dans le délai prescrit, les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la directive, la République française a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de l'article 19, paragraphe 1, premier alinéa, de cette directive. »

Cette nouvelle condamnation de la France aurait pu être évitée. Dommage également que la directive ait fait l'objet d'une transposition a minima..

En effet, pour Raymond Léost, responsable juridique de FNE, « la transposition précipitée et a minima de la directive dans le droit français n'a pas permis d'introduire des dispositions indispensables pour la protection de l'environnement comme par exemple la constitution de garanties financières pour les acteurs économiques visant à couvrir d'éventuels dégâts. »

La transposition de cette directive est donc loin d'être terminée en droit français d'autant plus que certaines dispositions importantes de la directive ont été renvoyées à des décrets ultérieurs, notamment concernant le rôle des associations de protection de l'environnement comme lanceurs d'alertes et que ces décrets d'applications de la loi sont toujours attendus…

Pour plus d'informations sur la responsabilité environnementale : consultez le site Internet de FNE.

 
 http://www.fne.asso.fr/
 
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:328:0028:0037:FR:PDF<br /> DIRECTIVE 2008/99/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL<br /> du 19 novembre 2008<br /> relative à la protection de l'environnement par le droit pénal<br /> (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)<br /> LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,<br /> vu le traité instituant la Communauté européenne, et notamment<br /> son article 175, paragraphe 1,<br /> vu la proposition de la Commission,<br /> vu l'avis du Comité économique et social européen (1),<br /> après consultation du Comité des régions,<br /> statuant conformément à la procédure visée à l'article 251 du<br /> traité (2),<br /> considérant ce qui suit:<br /> (1) Aux termes de l'article 174, paragraphe 2, du traité, la<br /> politique de la Communauté dans le domaine de l'environnement<br /> vise un niveau de protection élevé.<br /> (2) La Communauté est préoccupée par la progression des<br /> infractions au détriment de l'environnement et par leurs<br /> effets, qui s'étendent de plus en plus souvent au-delà des<br /> frontières des États où ces infractions sont commises. De<br /> telles infractions constituent une menace pour l'environnement<br /> et exigent par conséquent une réponse adaptée.<br /> (3) L'expérience montre que les systèmes de sanction<br /> existants ne suffisent pas à garantir le respect absolu de<br /> la législation en matière de protection de l'environnement.<br /> Ce respect peut et doit être renforcé par l'existence<br /> de sanctions pénales, qui reflètent une désapprobation de<br /> la société qualitativement différente de celle manifestée<br /> par le biais des sanctions administratives ou d'une indemnisation<br /> au civil.<br /> (4) L'existence de règles communes relatives aux infractions<br /> pénales permet la mise en oeuvre de méthodes d'instruction<br /> et d'assistance efficaces au niveau national et entre<br /> États membres.<br /> (5) En vue de garantir une protection efficace de l'environnement,<br /> il est absolument nécessaire d'instaurer des sanctions<br /> plus dissuasives à l'égard des activités préjudiciables<br /> à l'environnement, qui entraînent généralement ou sont<br /> susceptibles d'entraîner une dégradation substantielle de<br /> la qualité de l'air, y compris la stratosphère, du sol et de<br /> l'eau ainsi que de la faune et de la flore, notamment en<br /> termes de conservation des espèces.<br /> (6) Un manquement à une obligation d'agir pouvant avoir le<br /> même effet qu'un comportement actif, il y a lieu de<br /> prévoir des sanctions appropriées pour ce cas également.<br /> (7) Il convient donc que cette conduite soit considérée<br /> comme une infraction pénale dans toute la Communauté<br /> lorsqu'elle est délibérée ou relève d'une négligence grave.<br /> (8) La législation énumérée aux annexes de la présente directive<br /> contient des dispositions qui devraient être soumises<br /> à des mesures de droit pénal pour garantir que les règles<br /> sur la protection de l'environnement sont pleinement<br /> efficaces.<br /> (9) Les obligations prévues par la présente directive portent<br /> uniquement sur les dispositions de la législation énumérées<br /> aux annexes de la présente directive qui obligent les<br /> États membres, lorsqu'ils mettent en oeuvre ladite législation,<br /> à prévoir des mesures d'interdiction.<br /> (10) La présente directive fait obligation aux États membres de<br /> prévoir dans leur législation nationale des sanctions<br /> pénales pour les violations graves des dispositions du<br /> droit communautaire relatif à la protection de l'environnement.<br /> La présente directive ne crée pas d'obligations<br /> concernant l'application de telles sanctions ou de tout<br /> autre système de répression existant dans des cas particuliers.<br /> L 328/28 FR Journal officiel de l’Union européenne 6.12.2008<br /> (1) JO C 10 du 15.1.2008, p. 47.<br /> (2) Avis du Parlement européen du 21 mai 2008 (non encore paru au<br /> Journal officiel) et décision du Conseil du 24 octobre 2008.
Répondre