Pétrole : l’Agence internationale reconnaît des erreurs

Publié le par checks and balances

Lors d’une interview accordée au quotidien britannique « The Independent », Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a fait part de son inquiétude sur les capacités futures de la production pétrolière mondiale. Selon ses propos, l’Agence aurait largement sous-estimé la baisse de la production de nombreux champs de pétrole. Si la production mondiale repose actuellement sur quelque 70 000 champs, les trois quarts de cette production proviennent de seulement 800 champs dont la plupart ont déjà atteint leur pic de production. D’après une étude récente de l’Agence, le déclin des puits qui avait été estimé en 2007 à 3,7 % par an, serait en fait de 6,7 % par an.
Cette déclaration constitue une sorte de première ; jusqu’à présent l’Agence se contentait de modifier régulièrement ses prévisions à moyen terme pour les faire se rapprocher de la réalité, sans jamais avouer de grossières erreurs d’interprétation.
Les prévisions de l’Agence ont toujours été dénoncées, pour leur caractère simpliste et optimiste par des acteurs indépendants tels l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil & Gas) (1), ou l’ EWG (l’institut Energy Watch Group) (2) qui avait publié, en 2007, une étude très critique sur les prévisions de l’AIE.
Lors de cette interview, Fatih Birol s’inquiète d’une future remontée brutale des prix du pétrole pouvant remettre en cause la sortie de la crise économique mondiale. Il est vrai que les différents plans de relance, aussi bien celui de l’Administration américaine, que celui de la Chine et ceux des pays d’Europe, privilégient les modes de consommation d’avant crise, à savoir ceux basés sur le pétrole. Il est vrai aussi que, jusqu’à présent, ces gouvernements étaient, directement et exclusivement, conseillés par l’Agence internationale de l’énergie. Les autres sources d’informations étant considérées comme « non fiables » pour ne pas dire « folkloriques». 
Michel Sage pour Univers-Nature
1- L’ASPO est un réseau de scientifiques et autres, ayant pour but la détermination de la date et de l’impact du pic et du déclin de la production mondiale de pétrole et de gaz, dû aux ressources limitées. Des sections nationales indépendantes existent ou sont en formation dans les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, Égypte, Espagne, États-Unis, France, Irlande, Italie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

2- Energy Watch Group (EWG) : Initié par Hans-Josef Fell, parlementaire Allemand, regroupe en réseau des spécialistes des ressources énergétiques.
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