Affichage publicitaire illégal : le TA sanctionne les préfets

Publié le par checks and balances

Source / auteur : Paysages de France

Affichage publicitaire illégal : le tribunal administratif d’Amiens donne raison à cinq reprises à Paysages de France et sanctionne les préfets de l’Aisne et de l’Oise


Un peu partout, des préfets continuent à refuser de mettre en œuvre les dispositions du Code de l’environnement.

Le 4 novembre 2008, le tribunal d’administratif d’Amiens a donné raison à Paysages de France et condamné cinq fois l’État du fait de la carence des préfets de l’Aisne et de l’Oise.

Dans l’un des dossiers, le tribunal a également enjoint au préfet de l’Aisne de prendre des arrêtés de mise en demeure en vue de la mise en conformité de plusieurs dispositifs installés à Mercin-et-Vaux (Aisne), dont les enseignes d’un magasin Champion.

Dans les autres affaires, qui concernaient les communes de Couloisy, Trosly-Breuil (Oise), Ambleny et Saint-Gobain (Aisne), les préfets avaient fini par faire usage de leurs pouvoirs de police, mais seulement parce que Paysages de France avait saisi le tribunal.

A noter que plusieurs nouvelles demandes leur ont été adressées dernièrement, mais que certaines n’ont même pas fait l’objet d’une simple réponse d’attente !

Ainsi, un peu partout, des préfets [1] continuent à refuser de mettre en œuvre les dispositions du Code de l’environnement.

Cette carence est particulièrement scandaleuse. En effet :
-  Les préfets sont les garants du respect des lois de la République.
-  Le Code de l’environnement leur impose d’agir en cas de constatation d’une infraction en matière d’affichage publicitaire et d’enseignes.
-  La Cour de cassation a estimé qu’un tel refus était « constitutif d’une forme de complicité ».
-  Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Écologie a rappelé, le 5 juin 2008, "l’effet dévastateur sur le paysage de la prolifération des panneaux publicitaires".
-  L’État subit condamnations sur condamnations : rien que pour l’année 2008, la justice administrative a donné 13 fois raison à Paysages de France et l’État a été condamné 13 fois.

Cette carence nourrit la délinquance : les afficheurs indélicats se sentant protégés ne démontent leurs dispositifs irréguliers qu’en dernière extrémité, ainsi que vient de le montrer encore l’afficheur CBS Outdoor à Mazamet, dans le PNR du Haut-Languedoc.

Du fait de cette carence, certains acteurs de la grande distribution, bien qu’ayant apposé leur signature à côté de celle de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko-Morizet le 29 janvier 2008 et s’être ainsi engagés, dans le cadre du Grenelle de l’environnement [2], continuent de violer sciemment et massivement des lois destinées à le protéger ! Dans l’une des affaires jugées par le TA d’Amiens, le magasin Intermarché, auteur de multiples infractions, est même allé jusqu’à réclamer 5 000 euros de frais de justice à Paysages de France ! Une demande bien entendue rejetée par le juge.

Paysages de France. Association agréée au plan nation au titre du Code de l’environnement

Notes

[1] C’est notamment le cas de Pierre de Bousquet, préfet des Hauts-de-Seine, François Philizot, préfet du Tarn, Paul-Henri Trollé, préfet du Val-d’Oise, Michel Morin, préfet de l’Isère, ainsi que des préfets des Alpes-de-Haute-Provence, des Côtes-d’Armor, de la Moselle, de l’Essonne, du Gard, de la Saône-et-Loire, etc.

[2] Liste des signataires de la convention du 29 janvier 2008 signée avec le MEEDDAT (Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet) : La Fédération des entreprises du Commerce et de le Distribution ainsi qu’un certain nombre d’entreprises, ( Auchan, Carrefour, Casino, Match et Cora-Match, Darty, Décathlon, Francap distibution, Leclerc, Intermarché, Monoprix et Système U ), adhérentes ou membres associés de la F.C.D., qui se sont donc également engagées à titre personnel.

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Publié dans droit

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