Champs électromagnétiques : l’Europe se veut plus prévenante

Publié le par checks and balances

Ce jeudi, le Parlement européen a adopté en session plénière un rapport sur les effets pour la santé des champs électromagnétiques. Ce document, porté par la Députée Frédérique Ries, préconise pour l’ensemble de l’Europe une nouvelle limitation du champ électrique. Le seuil conseillé s’établirait à trois volts par mètre (V/m), une valeur déjà appliquée dans neuf Etats membres, comme la Grèce, la Pologne ou encore la Belgique.
L’actuelle limite européenne est de 41,25 V/m pour le GSM à 900 MHz (1). Elle fut fixée en 1999 et, d’après les députés européens et certains groupes scientifiques (2), elle est aujourd’hui largement obsolète. Non seulement, durant les dix dernières années, l’usage des téléphones portables s’est considérablement généralisé (on en dénombre à ce jour 500 millions en circulation en Europe), mais également, les actuels standards de sécurité n’ont été basés que sur les effets thermiques dus à des expositions aiguës. Ils ne prennent pas en compte l’exposition à de faibles rayonnements, à laquelle les usagers et non-usagers, comme les enfants, sont soumis de façon chronique.

Outre la révision des limites, les recommandations adoptées par le Parlement concernent la prévention. Elles invitent à " une vaste campagne d'information sur les bonnes pratiques à connaître quand on a un téléphone portable ", conseillent " d'éviter d'implanter des antennes-relais ou des lignes haute tension à proximité d'écoles, de crèches, de maisons de retraite ou d'institutions de santé ", et " de rendre publiques des cartes notifiant les degrés d'exposition aux ondes électromagnétiques ".

D’après la Députée belge rapporteuse du dossier, il faut agir rapidement, sans attendre les résultats des études scientifiques, des résultats qui, d’après l’OMS, pourraient ne pas être probants avant 2015.
Aujourd’hui même, alors que 37 % des citoyens européens pensent que les lignes haute tension ont un effet important sur la santé et que 36 % d’entre eux sont inquiets devant les antennes de téléphonie mobile (3), Frédérique Ries entend répondre à la demande sociale en s’appuyant sur le principe de précaution. Optant pour la prudence, le Parlement européen espère avec ce rapport assainir une situation où recours en justice , suspicions de corruption et pressions diverses ne font que se multiplier, créant un climat de méfiance et des blocages préjudiciables au débat public. Devant cette position adoptée par les députés européens, les associations Agir pour l’Environnement et Priartém en attendent tout autant de la part de la France et du Grenelle de la téléphonie mobile qui se tiendra le 23 avril prochain.
Elisabeth Leciak

1- Global System for Mobile Communications
2- Publication sous presse : C. Sage, D.O. Carpenter, Public Health Implications of wireless technology, Pathophysiology, 2009.
Résultats consultables sur le site de Bioinitiative.
3- Enquête Eurobaromètre sur les ondes électromagnétiques (juin 2007)
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Publié dans santé environnement

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